San Francisco et l’indifférence face à la pauvreté

San Francisco une ville qui fait rêver avec son Golden Gate et Alcatraz. Mais vous à-t-on parlé de l’indifférence la plus totale dont souffrent ses sans-abris ?

San Francisco et l'indifférence face à la pauvreté

San Francisco et l'indifférence face à la pauvretéDès mes premières heures à San Francisco j’ai eu le sentiment que cette ville était plus Européenne et que ses habitants étaient plus « sophistiqués ». Cette impression s’est confirmée au fils des jours et un hollandais tout juste arrivé dans mon auberge m’a raconté qu’on lui avait dit la même chose sur la ville. J’ai vu beaucoup de bars à vin et des restaurants de toutes sortes (chinois, japonais, vietnamien, italien, indien, marocain etc …). On peut manger une cuisine variée à condition d’avoir les finances contrairement à ce que j’ai vu à Los Angeles. Et on peut dire que les habitants dans l’ensemble ont de l’argent. Pour avoir énormément marché dans différents coins de la ville j’ai vu que globalement le niveau de vie à San Francisco est assez élevé (dans la partie nord de la ville du moins).

Chinatown, Japontown et le quartier italien

San Francisco et l'indifférence face à la pauvretéDès mon premier jour j’ai eu envie de faire un tour à Chinatown pas trop loin de mon hôtel. Contrairement à chez nous, aux États-Unis, le quartier Chinois est un vrai quartier Chinois avec l’architecture qui va avec. On se croirait presqu’en Chine avec un peu d’imagination. Le musicien de rue qui joue sur une sorte de violon de son pays d’origine, les restaurants, boucheries et épiceries avec plein de produits Chinois.

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Japontown, comme son nom l’indique, est le quartier Japonais. On y trouve des épiceries Japonaises et surtout le Japon Market. Une sorte de centre commercial des produits Japonais. Dans le coin on trouve évidement des restaurants Japonais et même Coréens. Mais ces restaurants sont assez chers. D’autres sont bien moins chers ailleurs dans San Francisco.

San Francisco et l'indifférence face à la pauvreté

San Francisco et l'indifférence face à la pauvretéPrès du quartier Chinois il y a le quartier Italien. Mais là c’est assez différent et ce n’est pas un vrai quartier Italien. Ce quartier se résume principalement à des drapeaux aux couleurs de l’Italie sur les poteaux électriques,  et quelques restaurants, épiceries et café italiens. On ne se sent pas vraiment en Italie quoi.

J’imagine mal en France des quartiers communautaires comme c’est le cas aux États-Unis. Tout dépend de la culture du pays mais ici j’ai le sentiments que l’intégration se passe bien. La culture Américaine laisse beaucoup de libertés aux individus, chacun peut faire ce que bon lui semble sans se sentir jugé. En tout cas nettement moins qu’en France. Ce que fait l’autre ne nous regarde pas en bref. L’américain peut être lui-même, davantage que le Français il me semble. S’il y a du bon avec cette façon de fonctionner il y a aussi du mauvais selon moi et je vais vous en parler plus loin dans cet article.

Fisherman

C’est un des lieux très touristiques de San Francisco. La baie de San Francisco est parsemée de « Piers » qui sont des jetées avançant sur la mer. Chacunes est numérotées et la plus visitée est Piers 39. On peut y visiter l’aquarium de la ville, boutiques et restaurants pour manger de la seafood (poissons, fruits de mer) ou non (Burger, hotdogs, bretzel etc). La petite surprise que j’ai eu à Piers 39 c’est de voir une colonie de lions de mer sur des pontons flottants. Je n’imaginais pas tomber sur des lions de mer à San Francisco. Certains dorment affalés les uns sur les autres et d’autres se disputent pour une question de hiérarchie j’imagine. Un spectacle assez marrant.

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Twin peaks, Crookedest Street et le quartier gay

Vers le centre de San Francisco il y a deux colines (Twin Peaks) et grimper aux sommets permet d’avoir une superbe vue sur tout San Francisco. Je m’y suis rendu à pieds, ça grimpe bien ! La plupart des gens s’y rendent en voitures ou en car touristiques. Je préfère marcher en voyage car celà permet de voir ce qu’on ne peut pas voir quand on se déplace en transports. La marche permet de flâner et de se laisser guider par son instinct. Le sentiment de liberté est plus grand et c’est comme celà que je suis tombé sur Crookedest Street. Quoi Crookedest Street ça ne vous dit rien ? Bon j’avoue que je ne connaissais pas le nom mais l’endroit oui. C’est cette rue en pente et en zig zag qui est souvent utilisée dans les films, séries et reportage pour situer l’action à San Francisco.

San Francisco et l'indifférence face à la pauvreté

Je disais donc que j’aime marcher à l’instinct quand je visite une ville. J’emprunte les rues qui me parlent le plus. C’est en pratiquant ce mode de balade que je me suis rendu à Twin Peaks. Et sur le chemin je suis passé par le quartier gay. Comme pour les communautés Chinoises ou Japonaise la communauté gay a aussi son propre quartier à San Francisco. Le coin est plutôt résidentiel et tranquille. Des drapeaux arc-en-ciel par-ci par-là et même des passages piéton aux couleurs arc-en-ciel. À la différence des restaurants et des épiceries ici on trouve plutôt des sex-shop, des affiches et des prospectus plutôt évocateurs qui jonchent le sol.

Le Golden Gate Bridge

C’est sûrement le symbole le plus représentatif de la ville de San Francisco. Le pont rouge à l’entrée de la baie est une vraie attraction touristique. Je m’y suis évidemment rendue bravant le vent et le froid de San Francisco. Contrairement à ce que je pouvais imaginer il ne fait pas si beau et chaud que ça en Californie. En tout cas à San Francisco où il y a un micro-climat. Même au mois de mai il fait tout juste 15 degrés et le ciel est gris à San Francisco. J’aurais aimé prendre en photo le Golden Gate avec un beau ciel bleu en arrière plan… Comme dans les films quoi ! Hollywood embellie quelque peu la réalité il faut croire ;).

San Francisco et l'indifférence face à la pauvreté

San Francisco et l'indifférence face à la pauvreté

Alcatraz, le Metro Câble et les rues de San Francisco

Je n’ai pas pu visiter la célèbre prison d’Alcatraz. Il n’en coûte pourtant que 30 dollars ! Mais il faut s’y prendre à l’avance pour acheter son billet sur le site internet. Je vous conseille de réserver votre visite une dizaine de jours à l’avance. Je suis resté 5 jours à San Francisco et je n’avais pas prévu qu’il fallait s’y prendre autant de temps à l’avance.

San Francisco et l'indifférence face à la pauvreté

San Francisco et l'indifférence face à la pauvretéUne des autres attractions de la ville que je n’ai pas faite est le Metro Cable. Alors vous allez me dire « mais pourquoi ?? C’est mythique ! J’aurais voulu le faire moi si je pouvais ! T’es bête ! » Mais le fait est que je n’en avais finalement pas envie tout simplement. Je pensais le faire à la base pour les mêmes raisons qui vous motivent. Mais les jours passant cette motivation s’est totalement estompée. En marchant dans la ville à chaque fois que je tombais sur le tram je me disais que je devais le faire… Puis à force de le voir je me disais à quoi ça sert finalement ? Je l’ai vu plein de fois ! Je ne suis pas monté dedans mais faire la queue au moins 30 minutes pour monter dans un wagon où les touristes sont entassés et peut être ne même pas avoir de place assise, est-ce que ça me branche tant que ça ? Pas vraiment… Si vous voulez emprunter le Metro Cable je vous recommande de le faire dès votre arrivée à San Francisco. N’attendez pas d’être familier avec la ville et le tram.

San Francisco et l'indifférence face à la pauvreté

Vous avez compris que j’ai préféré marcher dans les rues à la place. Ces fameuses rues qui montent et descendent rudement. C’est physique mais le sommet de certaines rues offrent de jolis points de vue sur différentes parties de la ville. Une ville que j’ai globalement trouvé agréable à vivre. Mais il y a cependant un point négatif qui ne concerne pas que la seule ville de San Francisco mais le pays tout entier je pense.

L’indifférence face à la pauvreté

J’ai été choqué par cette indifférence la plus totale. Plus haut dans cet article je parlais de la culture Étasunienne, sa liberté et ses aspects positifs. Maintenant je vais parler du négatif car cela me tient à coeur. J’avais déjà abordé ce point dans mon article sur Los Angeles mais je ressens le besoin d’en dire plus.

J’ai peut-être trouvé ma « ligne éditoriale » à force d’écrire des articles. Je ne fais pas que décrire ce que je vois mais je tente de me l’expliquer. Je l’observe puis j’essaye d’interpréter la culture locale. C’est peut-être ça l’œil du voyageur. J’en ressens davantage le besoin lorsque ce que je vois me touche.

San Francisco et l'indifférence face à la pauvreté

J’ai vu beaucoup de pauvreté en Amérique du Sud. Du hardcore… Des enfants de deux ans qui mendient, des cul de jattes se traînant par terre, des mères de familles le soir très tard qui vendent chewing-gun, bonbons et cigarettes dans le froid pour survivre financièrement… Je ne pensais pas voir autant si ce n’est plus de pauvreté dans la première puissance mondiale. Mais ce qui me choque le plus c’est l’indifférence totale qui règne dans les rues face aux SDF. Dans certaines rues on ne peut pas faire 30 mètres sans tomber sur un clochard. Comment ne pas les voir alors ? Chacun dans sa bulle, l’américain ne voit plus autrui. Je ne juge pas mais je constate. L’indifférence existe en France aussi mais aux États-Unis elle atteint LE sommet. On est tous deja passé devant un SDF sans le regarder car au fond on se sent coupable possiblement. On rentre du travail, on voit un clochard sur le trottoir… On passera la nuit dans un lit et lui dans la rue. Alors on préfère ne pas le regarder comme pour nier l’existence de ce qui nous dérange et nous met mal à l’aise.

San Francisco et l'indifférence face à la pauvreté

Aux États-Unis c’est différent encore. Le SDF n’existe plus du tout aux yeux de la grande majorité des passants, comme s’il évoluait dans un monde parallèle. Au point que beaucoup de sans-abris deviennent complètement dingues ici. Ils parlent tout seuls, crient, insultent, crachent, pleurent pour se faire remarquer…Comme pour continuer d’exister. C’est parce que l’on existe pour les autres que l’on sait que l’on est encore bien vivant. L’homme est un animal social disait l’autre. La sociabilisation est un besoin vital. Cette indifférence est donc criminelle selon moi bien que l’homicide soit involontaire.

San Francisco et l’indifférence face à la pauvreté

Dur de terminer un article sur une note aussi négative alors je vais vous parler d’un pays dont la culture ne nie pas sa pauvreté. En Colombie il y a beaucoup de pauvres. Dans une ville comme Bogota le contraste entre riches et pauvres m’avait interpellé. Mais là-bas le pauvre n’est pas ignoré. On le regarde déjà mais pas seulement. Assez regulièrement j’ai vu des gens donner la fin de leur repas à un sans-abris. Certains vont même carrément aller leur acheter à manger dans un restaurant. En Colombie la communauté est importante et il y a beaucoup moins d’individualisme. Les gens sont polis et s’excusent sincèrement s’ils vous ont bousculé sans faire exprès. Je suis content que ce pays se développe économiquement depuis une dizaine d’année et j’espère qu’il ne perdra pas son capital humain à l’avenir :).

Une réflexion sur “San Francisco et l’indifférence face à la pauvreté

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