Salvador de Bahia : La Rome noire

Moins connue que Rio, voici mes impressions sur Salvador de Bahia. La ville la plus Africaine du Brésil !

Salvador de Bahia est une ville du nord-est du Brésil, sur la côte. Elle fut la première capitale du pays et les habitants en sont très fier. Au point qu’il soit écrit sur les camions poubelle de la ville « Salvador, la primera capital do Brazil ».

Cette fierté vient peut être du schisme qui existe entre le nord et le sud du Brésil. Quand nous étions à Rio des Brésiliens nous ont dit qu’à Salvador les habitants étaient des fainéants. Salvador à la réputation d’être une des villes les plus dangereuses du pays. Le portrait n’est pas flatteur. Mais je suis venu sans trop d’a priori en me disant que je me ferais ma propre idée.

Salvador est la ville la plus Africaine du pays. La culture est en fait plus créole qu’Africaine. ça se voit dans l’habit traditionnel que portent certaines femmes. Et dans la cuisine au manioc et les plats épicés. Salvador est pour ces raisons surnommée la « Rome noire ».

L’arrivée dans Salvador de Bahia

Salvador de BahiaMa copine et moi nous sommes arrivés dans la ville vers 21h après un long voyage en bus de 32 heures depuis Rio de Janeiro. Une fois sortie de la gare routière nous devions prendre le bus pour nous rendre à notre auberge dans le quartier du centre historique de Pelourinho. Nous nous sommes rendu à un arrêt de bus pour prendre le n° 1034.

Arrivé à l’arrêt de bus surprise ! Enceinte avec la musique à fond, un stand avec des dizaines de bouteilles d’alcool à la manière d’un bar et des gens qui dansaient. L’arrêt de bus était devenu un véritable bar. La scène était assez surprenante et je me suis dit qu’ici les gens aimaient faire la fête. Quelques jours plus tard je suis repassé par cet arrêt de bus en journée. Le « bar » était encore ouvert :).

Le centre historique de Pelourinho

Salvador de BahiaC’est le quartier où se situe notre auberge. Les maisons sont de toutes les couleurs et de style colonial. Nous logeons d’ailleurs dans un de ces bâtiments. Le premier soir quand nous sommes arrivé c’était un samedi. Il y avait de la musique dans la rue, quelques personnes qui dansaient et qui buvaient de l’alcool. Le quartier était animé ! Normal c’était samedi. Le dimanche la scène s’est reproduite. Le lundi à nouveau ! Le mardi c’est carrément toute une foule qui s’est mis à danser dans la rue. Plus tard un concert s’est improvisé avec pas loin de 400 spectateurs. Et la fête à continué dans le quartier jusqu’à 2/3 heures. Et devinez quoi ? Qu’est-ce qu’on fait les habitants le mercredi soir ?? Oui vous avez devinez… ils ont fait la fête 🙂 !!

La soirée du jeudi soir était beaucoup plus calme (peut être à cause du mauvais temps aussi). Mais j’ai vraiment l’impression que les gens font la fête tous le temps ici. Ils ont besoin d’écouter de la musique au point que j’ai vu un homme qui roulait doucement en voiture dans le quartier avec une enceinte à l’arrière de son véhicule. La musique était à fond et il faisait des aller-retour.

C’est la ville la plus festive du pays je pense et elle est aussi appelée « capital da alegria », capitale de la joie ! Mais le lendemain les gens marchent lentement, ils se remettent de la veille. Et je comprends mieux pourquoi les Brésiliens du sud disent que ceux de Salvador sont des fainéants. Je ne suis pas sûr mais je me dis que pour faire autant la fête c’est que l’on ne travaille pas, que l’on à rien à faire le lendemain non ?

La pauvreté et l’insécurité

Salvador de BahiaDes policiers et des militaires sont postés partout dans le centre historique. J’aurais pensé que le quartier était riche mais non ! Il suffit de marcher même pas 5 minutes pour tomber sur des bidonvilles fait de briques et de planches de bois. L’atmosphère est plutôt étrange. Le cadre est joli, les habitants pauvres, des groupes de touristes retraités défilent et font des photos quand la police militaire maintient l’ordre. Et heureusement que la police est là sinon ce serait un coupe gorge je pense. J’ai lu un article qui relatait des évènements survenus en avril 2014 (8 mois avant mon arrivée). La police s’était mise en grève et le quartier n’était plus protégé. Résultat, des émeutes, des pillages et 39 homicides en 24 heures !!! Le gouvernement à du envoyer des soldats pour rétablir l’ordre.

La journée ça va mais le soir je ne me baladerais pas avec un appareil photo numérique. Même si la police est là il faut rester dans les rues principales où il y a du monde et éviter les petites ruelles sombres. J’ai fait une rencontre avec Michel, un jeune SDF polyglotte qui m’a laissée une drôle d’impression, à l’image de la ville d’ailleurs. La rencontre à été enrichissante avec du recul mais elle aurait pu mal tournée. J’écrirais bientôt un article sur cette rencontre car je pense qu’elle mérite d’être retranscrite pour comprendre la ville de Salvador.

Le bilan

Finalement je ne peux pas dire que je suis déçu de la ville. Je n’avais pas d’attente particulière. J’ai discuté avec un anglais de mon auberge qui lui était très déçu car la ville n’est pas sûre et il n’y a pas grand choses à voir. Le centre historique, la plage, se balader un peu, faire un ou deux musée et voir un peu de capoeira dans les rues… Venant de Rio juste avant je trouve qu’il y a peu d’activités et peu d’endroits pour sortir le soir. C’est sûrement pour cette raison que les gens font la fête dans la rue.

Salvador de Bahia

Mon sentiment sur Salvador est étrange et j’ai du mal à le définir. J’ai aimé être confronté à cette réalité du Brésil. Ici ce n’est pas Copacabana où les riches font du sport pour entretenir leur image. Ici les habitants sont conscients de leurs racines Africaines même s’il leur reste peu de chose de l’Afrique. Ici on fait la fête avec pas grand chose. Mais c’est peut être parce qu’ils n’ont pas grand chose qu’ils cherchent à s’occuper en dansant et en buvant de l’alcool ? ça reste un peu triste.

Dans la partie de la ville où je suis il n’y a même pas de petit supermarché. Juste des toutes petites épiceries dans lesquelles il y a plus d’alcool en vente que d’eau ! Avec ma copine nous avons passé deux heures à chercher un supermarché en demandant aux habitants. Ils étaient surpris : « um supermercado ? » Comme si la question était saugrenue ou qu’ils ne savaient pas ce que c’était. Pour une ville de plus de 6 millions d’habitants ne pas avoir de supermarché dans le coin le plus touristique c’est déroutant. Comment font les habitants pour manger ? Les produits dans les épiceries sont chers…

La ville n’est pas vraiment jolie en dehors du quartier historique. Et sans la police ce serait très dangereux pour les touristes. Finalement j’ai l’impression que Salvador et ses habitants n’ont pas grand chose mis à part un héritage historique, un passé glorieux où la Rome noire était la capitale du Brésil. Je pense cependant que c’est une bonne expérience de passer au moins quelques jours dans la ville pour voir cette réalité du pays.

Photos du centre historique de Salvador

 

5 réflexions sur “Salvador de Bahia : La Rome noire

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