La favéla de Vidigal

J’ai visité la Favéla de Vidigal à Rio de Janeiro… Voici mes impressions.

« Favéla »… Ce mot est presque poètique non ? Quand vous pensez à favéla un tas de connexions se font dans votre cerveau : Brésil, Rio, pauvreté, enfants des rues… Je pense aussi à Bogota, la Colombie et à l’Amérique du sud en général car il n’y à pas qu’au Brésil où ces ghettos sont présents. Ghettos est aussi une association que je fais au mot « Favéla ». Nous avons notre lot de ghettos en France mais une favéla ça sonne tout de suite plus exotique non ?

Nous avons donc tous des associations et des idées préconçues de ce que peut être une favéla ! Mais au final une favéla c’est quoi ?

Un touriste dans une favéla

Je n’en ai vu qu’une seule, celle de Vidigal à Rio de Janeiro. Il serait bien prétentieux de dire que je sais ce qu’est vraiment une favéla. Ce serait un peu comme si un touriste étranger faisait une promenade d’une heure entre les tours de rue des cités à Aubervilliers et disait savoir ce qu’est une cité Française. Il n’y a pas qu’un seul modèle unique de cité en France et il n’y a donc pas qu’un seul type de favéla non plus à priori. Ce n’est pas en y passant seulement qu’on peut savoir comment les habitants y vivent.

La favéla de VidigalEn France est-ce que ce ne serait pas insensé pour un touriste de se balader dans une cité ? Il risquerait de se faire dépouiller de son joli réflex pendu à son cou et de quelques autres effets personnels probablement :).

Pourtant je suis bien allé dans une favéla moi ! Mais c’est différent car celle-ci à été « purifiée ». Comprenez par là que ses habitants désignés comme étant indésirables ont été tués, chassés ou emprisonnés par les forces de polices Brésilienne. La coupe du monde 2014 et les jeux olympiques 2016 ont pousser le gouvernement à faire le ménage dans les favélas de Rio de Janeiro.

La favéla de Vidigal

En arrivant dans la favéla de Vidigal j’étais un peu sur mes gardes. Ok elle a été purifiée mais bon il y a quelques années encore y résonnaient des coups d’armes à feu. Donc j’y vais tranquillement en observant bien et en essayant de ne pas trop attirer l’attention. Rien que par respect par les gens je préfère être discret. Mais pour être honnête ce n’est pas possible. Si vous n’êtes pas du coin vous êtes grillés tout de suite ! Moi même j’arrivais à distinguer les gens de passage des habitants de la favélas.

Au pied de la favéla il y avait des hommes en moto portant un gilet jaune fluot. Pas de panique !! Ce n’est pas le gang du coin mais juste des motos taxi :). Et il ont leur utilité parce qu’une favéla il faut être en bonne condition physique pour la grimper ! ça monte, ça monte, ça monte !! C’est vraiment épuisant et même la déscente n’est pas facile.

La rue principale est tortueuse et les passages sur les côtés sont étroits. Les habitations donnent l’impression de n’être qu’à la moitié des travaux. D’ailleurs, j’ai remarqué qu’un certain nombre d’habitations sont en travaux car l’intérieur est réaménagé pour être transformé en commerce. Même en étant en marge la favéla est doté de petites boutiques. Il y a une toute petite supérette, un bureau de poste, des petits restaurants et des petits bars.

Au fur et à mesure que j’avançais je sentais qu’il n’y avait pas de danger ici. L’endroit est sûr et à différents endroits de la favéla des policiers lourdement armés sont postés. La favéla de VidigalDes enfants jouent par-ici, un homme promène ses bébés chiens par-là. Les vans et les motos-taxi font des aller-retour incessant pour transporter des passagers dans la favéla. Des hommes assis sur des chaises en plastiques discutent et un peu plus loin une vieille voiture 2 chevaux à moitié désossée gît sur le côté. Par endroit des ordures s’accumulent pour former un tas. Les chiens et les chats font leur vie, dorment ou errent pour s’occuper. Les animaux font parti du décor, à l’image des mûrs, ils me donnent une impression de dureté.

Mon sentiment sur la favéla est contrastée et j’y est vu des paradoxes. Comme ces enfants de 13 ans avec des smartphones dans les mains. Ils vivent dans un bidonville mais ont des portables qui coûtent deux ou trois fois le salaire minimum au Brésil. C’est spécial non ?

Au final je suis content d’y être allé. Je voulais savoir ce qu’était une favéla sans pour autant me mettre en danger. Vidigal permet cela mais j’avais en même temps l’impression d’être un touriste voyeur, ce qui ne me plait pas. J’ai fait quelques photos discrètement avec mon téléphone par moment mais ce n’était pas évident. La qualité n’est pas top désolé mais ça permet de se faire une petite idée tout de même de l’endroit !

 

 Et vous ? Vous iriez dans la favéla de vidigal ?

3 réflexions sur “La favéla de Vidigal

  1. C’est impressionnant tout de même. Même si cette favéla a été purifiée à travers les photos on peut ressentir et voir les traces de la misère, même si les gangs ne sont plus là on a l’impression qu’ils ne sont pas loin, d’où la présence quotidienne des policiers lourdement armés peut-être…… et le fait de voir des habitations inachevées comme si les gens avaient été obligés de fuir du jour au lendemain à travers ces photos on ressent que des histoires ont été vécues, que des gens différents de ceux qui y vivent aujourd’hui étaient là, une autre vie existait, un monde à part aux portes de la Ville, comme une empreinte indélébile de ce qu’elle était avant sa purification.

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  2. Pingback: Que faire à Rio de Janeiro ? | Blog de voyage

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