La danse en Argentine

Lorsqu’on parle de la danse en Argentine, on pense immédiatement au tango. Il est vrai que cette étreinte lascive à tendance à voler la vedette aux autres danses typiques du pays. Pour découvrir toutes les facettes de la fièvre du samedi soir made in Argentina, rendez-vous sur les dancefloors de la capitale porteña.

Le tango

Classique de la danse et de la musique argentine, le tango reflète l’identité de Buenos Aires et de ses habitants. Tour à tour mélancolique ou sensuelle, « la pensée triste qui se danse » est née au bord du Rio de la Plata, à la fin du XIXe siècle. A l’instar de la population argentine, le tango est un savant mélange de différents styles musicaux européens, latino-américains et africains.

La danse en Argentine

A cette époque, les cavalières se font rares, le tango se danse donc entre hommes. Il faut dire que près de 70% de la population de Buenos Aires est alors masculine ! La plupart du temps, ce sont des hommes seuls venus d’Italie, d’Espagne, de Pologne, d’Allemagne ainsi que des paysans de toute l’Amérique du Sud. Au diable les querelles de macho, le tango est une affaire sérieuse ! Le soir venu, les « guapos » (gouapes, des voyous) se retrouvent dans les bordels de l’Arrabal pour manifester leur mal de vivre et leur désir sexuel à travers leurs pas de danse. Associée aux gens de mauvaise vie, il faut attendre le début du XXe siècle pour que l’image du tango soit réhabilitée. Le cœur des Parisiens conquis, le tango retrouve sa terre natale ! Lavé de sa réputation sulfureuse il séduit la bourgeoisie rioplatense. C’est alors l’âge d’or du tango avec Carlos Gardel comme figure légendaire.

Après avoir été en perte de vitesse au milieu du XXe siècle, le tango est de retour sur le devant de la scène dans les années 60, puis dans les années 2000 notamment grâce au suisse Christoph H. Müller, du groupe Gotan Project qui mêlent audacieusement tango et musique électronique.

C’est dans les « milongas » que vous pourrez rencontrer les férus de cette danse. Les partenaires laissent exhaler leur virilité et leur féminité au son du bandonéon. La magie du tango peut commencer…

A noter que le tango est inscrit depuis l’année 2009 en tant que patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO qui recense les héritages culturels à préserver.

La cumbia

Changement total de registre avec la cumbia ! Née au XVIIe siècle en Colombie, la cumbia est à la fois une danse et un style musical. Tout comme l’illustre tango, la cumbia est issue du métissage des rythmes indigènes espagnols et africains. Le mot « cumbia » vient d’ailleurs du mot « cumbé », une danse propre à la Guinée équatoriale mais aussi du mot cubain « cumbancha » qui signifie fête ou petit orchestre. La cumbia n’a pas vraiment de codes : en couple, elle se danse collé-serré, en solo, il suffit de se laisser guider par les rythmes tropicaux pour saisir l’essence même du déhanchement. Contrairement au tango, la cumbia se veut plus optimiste et se danse dans les « Boliches ».

La danse en Argentine

La crise économique argentine de la fin des années 90 entraîne une évolution du style musical, la cumbia se transforme en cumbia villera. La cumbia commerciale se teinte de reggaeton. Les paroles se radicalisent : elles parlent de sexe, de drogue, de violence et de ghettos.

La chacarera

Originaire du Nord-Ouest de l’Argentine, la chacarera est à la fois une musique et une danse folklorique. Mélange de rythmes latino-américains et africains, son nom vient du de « chacarero » qui signifie « travailleur de ferme ». La chacarera se répand dans la province de Buenos Aires au XXe siècle et se popularise auprès de la jeunesse argentine dans les années 70.

La danse en Argentine

Danse de couple, la chacarera se caractérise par ses pas joyeux rythmés par des claquements de doigts au son de la guitare, du tambour et du violon. Les hommes prennent place face aux femmes et avancent sur la même cadence. Parmi les figures caractéristiques, on retrouve le zapateo, danse des hommes alliant claquettes et jeux de jambes. Les pas et le rythme peuvent varier d’une province à l’autre.

Rendez-vous dans les « peñas » traditionnelles d’Argentine ou encore à la Feria de Mataderos, à Buenos Aires, pour assister à ce folklore typique.

J’ai passée une soirée dans un club mélangeant plusieurs de ces danses. Rien à voir avec les night clubs que nous connaissons en Europe. Ici on ne danse pas spécialement pour draguer mais pour l’amour de la danse. En un geste, un regard ou un mot un couple homme/femme se forme le temps d’une danse. Certains comme moi par moment admiraient la technique des meilleurs danseurs avec respect.

Vous l’avez compris, les Argentins ont le rythme dans la peau ! Milonga, boliche ou peña, à vous de choisir votre club de danse en Argentine. Chacune de ces danses partagent une règle en commun : on ne quitte la piste qu’au lever du soleil !

Pour plus d’informations, retrouvez le guide de la culture argentine sur http://www.argentina-excepcion.com/

2 réflexions sur “La danse en Argentine

  1. De très beaux articles sur toutes les danses présentes en Amérique du Sud. L’expression corporelle y est très présente, les gens ne pensent qu’au moment où ils dansent sans autres préoccupations comme le font les européens, ils prennent le temps d’apprécier le moment présent sans se poser d’autres questions, ils font parler leur cœur et leur corps à travers toutes ses danses, bravo !!!!!!!!!!!!!!!!!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s